« Las señoras y señores Osez participer à la plus terrible and more lamentable historia del mar… »

 

Une épave échouée sur le bitume… Ouverte à tous les vents, tous les fantôme, tous les fantasmes.

Jack, el gran capitan et son équipage, fantômes squelettiques de fer et de peau tannée revivent inlassablement la même histoire.
Chercher Terra Incognita, trouver une île où fonder leur propre société.
Les règles à bord sont strictes mais démocratiques, signées et approuvées par tous.
Au nom de leurs idéaux, ils pillent, massacrent, torturent...
« La vie est courte ! Peu importe, pourvu qu’elle soit bonne ! »

 


 

Et secrètement dans cet univers masculin fait de rêve et de sang apparaît la Femme.
« Aucune femme, no young boy, aucun jeune garçon, No woman, ningún joven muchacho, ne doit vivre à bord, on board, a bordo. »
Travestie en homme pour jouir de cette prétendue liberté, elle fuit une condition qui la rattrape à chaque fois qu’elle se déshabille, qu’elle a ses règles, à chaque fois qu’elle parle et respire, à chaque fois qu’elle fait l’amour…
Elle nous raconte une histoire d’amour.
« Mais la jeunesse du terrible capitaine, ajoute la fougue à la folie, el entusiasmo to the madness. ¡ qué loco este loco!
Señoras y Señores, it’s impossible not to like him and yet, pourtant, impossible de lui pardonner ses crimes… Vayamos ! »


« Frères de côte », pirates, pilleurs de mer, corsaires à la solde d’un roi…mais «frères de côte » avant tout. En se désignant ainsi, les flibustiers affirment leur appartenance à un réseau, à une communauté régie par des lois différentes de celles de la société établie. Echafauder une prison à leur liberté pour qu’elle ne leur échappe pas : Telle est la grande contradiction du rêve flibustier.
Dans cet univers masculin, la Femme porte à elle seule tous les paradoxes : Interdite a bord, elle échafaude une prison dans la prison. Travestie en homme, elle s’inflige des tortures pour jouir, elle aussi, un moment, de cette prétendue liberté et partir à la conquête d’une Terra Incognita.

D’un pôle à l’autre, il n’y a plus aujourd’hui de Terra Incognita, de terre vierge où pourraient se réaliser nos utopies. Et pourtant, personne ne cesse de rêver…
En matière de spectacle, l’espace public reste une Terra Incognita à conquérir, un champ ouvert à tous les possibles… Le spectacle prend alors sa place là où il n'est pas prévu, là où il peut être accueilli, rejeté, ou ignoré… de ce risque naît la représentation, ici et maintenant.
Ici et maintenant, où une multitude de communautés transversales, établies, invisibles ou fantasmées coexistent et se croisent. On appartient tantôt à l’une, tantôt à l’autre.
L’important est de se repérer en tant qu’individu au milieu de cette marée humaine dans laquelle nous nous noyons. Quel bonheur alors de repérer un inconnu qui nous ressemble !
Nous sommes tous des flibustiers… nouveaux naufragés des villes.
Voilà pourquoi le spectacle est écrit pour la rue, le passant, l’inconnu.

 

 

Le bateau de cette aventure s’échoue sur la place publique, épave éveillant en chacun de nous le souvenir d’un rêve d’enfant… un amusant cauchemar.
Un cauchemar sonore, un cabaret entre horreur et beauté… Vent, océan agité, mer calme, grincement de coque… La musique du spectacle est omniprésente, fil conducteur essentiel de la narration. Parfois, quelques rares moments de silence.
La narration est calquée sur les règles de la charte signée par tous les pirates avant de s’embarquer.
Un narrateur-musicien fait lien entre le fantasme du spectacle et la réalité des spectateurs, entre l’horreur et la beauté. Son texte, composé en trois langues (français, espagnol, anglais), crée un langage étrange. Une sorte de langue universelle, un dialecte inconnu qu’on aurait l’impression de comprendre.
C’est un être humain rassurant au milieu de ces magnifiques personnages, de ces horribles carcasses à taille humaine, de ces marionnettes de fer, de bois, de cuir… Trois éléments naturels pour constituer des personnages vrais, authentiques, de nobles brutes. Etranges humains faits « du même bois » que leur bateau.

 

Dédoublement des corps, dédoublement des manipulations… la manipulation est-elle honnête ? Manipuler pour accéder au pouvoir, se laisser manipuler, manipuler pour arriver à ses fins, même si le rêve est beau…
Et parfois, entre horreur et beauté, quelques précieux moments où les corps révèlent leur humanité… sans masque, sans marionnette… enfin vraiment libre.

Photos : Olivier Baudoin

Equipe de création :
Auteur / Mise en scène : Vanessa Clément
Musique : Tom Garcia
Marionnettes : Thierry Hett
Scénographie : Philippe Maurin et Thierry Hett
Lumière : Nicolas Thibault

Principales représentations :

  • Festival Les Siacreries – Carros (06)
  • Valbonne Sophia Antipolis (06)
  • Festival Déantibulations – Antibes (06)
  • Le Fort Antoine dans la Ville - Monaco (98)
  • Festival Chalon dans la Rue – Chalon sur Saône (71)
  • Ville de Gap (05)
  • Festival Eclat – Aurillac (15)
  • Rencontres Méditerranéennes - St Jean de Védas / Montpellier (34)

Création 2007

Coproduction : Avec le soutien de :

Forum J. Prévert
Carros

Remerciements : L'Entrepont / La Nef - Chapiteau Théâtre / DIVA / KARWAN